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Carte rouge : quand l'austérité fait le lit de l'extrême droite ! Tour d'Europe de la France à l'Allemagne. (29/09/17)

Carte rouge : quand l'austérité fait le lit de l'extrême droite ! Tour d'Europe de la France à l'Allemagne.

Avec près d'1/3 des voix, l'Union Chrétienne Démocrate (CDU) le parti conservateur d'Angela Merkel obtient son score le plus bas depuis l'après-guerre, en 1949.

Dans un paysage politique éclaté avec, comme en France, un parti socialiste, le SPD de Matin Schulz, qui frôle l'extinction, Merkel devra former une nouvelle majorité kafkaïenne, notamment avec les libéraux (FDP) et surtout, sous l'effet de la percée inédite et historique de l'extrême droite, l'AfD (Alternative pour l'Allemagne) qui obtient 12,6% des voix et fait ainsi son entrée au Bundestag (Berlin).

L'Allemagne est l'un des derniers pays à avoir cédé aux sirènes de l'extrême droite : France, Pays-Bas, Hongrie, Grande-Bretagne, Pologne, Grèce, Italie, Espagne, Suisse, Autriche, Danemark, Belgique sont en route depuis bien plus longtemps.

Et un fil rouge, l'austérité fait le lit de l'extrême droite ! Tous ces pays mènent depuis de trop nombreuses années des politiques d'austérité. Ces politiques, traduites par une flexibilité accrue des travailleurs, des flexi-jobs, des emplois rémunérés une misère, une protection sociale de plus en plus restreinte, ne font que creuser les inégalités.

Malheureusement, il est à craindre que Mme Merkel, comme tous les partis au pouvoir en Europe, ne va pas s'attaquer aux causes du désarroi (flexi jobs et autres facteurs de la croissance des inégalités) mais plutôt se limiter aux symptômes en durcissant son discours à droite et revoir son discours jusque-là, d'apparence très ouvert.

La sémantique ne parle plus d' « étrangers» mais de « terroristes potentiels », on ne parle plus d' « austérité » mais de « rigueur », on ne parle plus de « clandestins » mais de « travailleurs concurrents ». La stratégie de communication de l'AfD est identique à celle pratiquée par tous les nationalistes, et donc ici à celle de Bart De Wever et ses portes-flingue Francken-Jambon : attiser les peurs et la haine, cultiver l'ignorance, cibler des boucs-émissaires, jouer et user de provocations médiatiques toujours plus limites afin de provoquer le buzz et les rendre au fur et à mesure, anodines et banalisées (effet Trump).

En Belgique, la quasi indifférence politique face à ces dérapages sombres et scandaleux, participe à défaire un cadre éthique et moral des citoyens. On ne parle plus de cordon sanitaire, on ose dire que l'expression est maladroite, mais que l'idée est bonne? !

Et mêmes les éditos, désormais courant en Belgique qui banalisent les discours de l'extrême droite et stigmatisent une élite lectrice qui dénonce les dérives, contribuent à maintenir la température propice à la prolifération de la Bête.

Nous devons continuer à nous battre contre le racisme et faire en sorte qu'il devienne inacceptable à nouveau, nous devons aussi nous battre contre les inégalités sociales qui font le lit de l'extrême droite et prépare au rejet de l'autre et au repli sur soi, nous devons travailler et lutter pour un autre modèle de société, un modèle plus juste et solidaire.